Jour 4, visite de la plantation Mil Cumbres et de la Fondation Valle de Nubes

Nos producteurs

Quatrième jour de notre voyage au Panama! Nous avons visité la plantation de notre petit producteur Arturo Klein, avons goûté des cerises de café Geisha et avons rendu visite aux indigènes de la plantation.

Publié par Elea le 27 septembre 2018
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Départ de l’hôtel à 6 heures, nous nous rendons à El Beneficio, une zone comprenant un hangar de stockage et un laboratoire de la Finca Mil Cumbres, mais ce n’est pas pour les visiter tout de suite. Les grandes portes métalliques s’ouvrent et nous découvrons notre véhicule pour la journée.

(Ça annonce la couleur !)

Lisa, Pablo, Mario et moi montons dedans. Marcos, Juan Antonio et Payín suivent derrière dans le 4×4 loué. Et c’est parti pour une demi-heure de route sur des chemins de terre et de cailloux, ça monte, ça descend, ça traverse des cours d’eau, le buggy passe partout avec aisance. Mario a l’habitude de la route et manœuvre l’engin comme s’il s’agissait d’un vélo, Marcos au volant du 4×4 a quant à lui a un peu plus de mal et reste à la traîne, donc nous en profitons pour nous arrêter prendre quelques photos avant de continuer.

(Vue depuis le chemin d’accès)

La dernière montée avant d’arriver au bâtiment principal de la plantation est raide et boueux, le buggy patine mais réussit à monter, le 4×4 en revanche ne montera qu’à la troisième tentative.

Nous apercevons le « Pentagon », un bâtiment récent surplombant la Vallée des Nuages, construit uniquement avec du bois récolté sur la propriété. Mario gare le buggy devant et nous en faisons le tour, la vue y est magnifique. Au loin, nous voyons quelques travailleurs s’affairant parmi les caféiers.

(Vue du Pentagon)

Pour la petite histoire, la plantation Mil Cumbres appartenait en totalité à Mario. Il a par la suite été rejoint par Arturo et maintenant  ils possèdent chacun la moitié des parts de la plantation.

La plantation a fait installer son propre système d’hydrométrie, pour surveiller de près les conditions météorologiques dans lesquelles vivent les caféiers. S’il n’y a pas assez de pluie (chose qui n’arrive que très rarement dans cette région) l’eau d’une source proche est utilisée pour l’irrigation.

(Système d’hydrométrie)

(Vue depuis le premier étage du Pentagon)

Pendant que Marcos nous prépare le petit déjeuner (il n’est même pas 8 heures du matin !) nous partons faire un petit tour en buggy avec Juan Antonio, Mario et Pablo pour voir le volcan Barú d’un peu plus près. Il s’agit d’un volcan endormi dont le point culminant est à plus de 3 470 mètres et qui donne son nom au parc national. La plantation elle, est située à peu près à 1700 mètres d’altitude. Nous en profitons pour prendre quelques photos.

(Vue du volcan Barú)

(Lisa et Eléa)

Les caféiers sont plantés à 1,20 mètres de distance l’un de l’autre, afin qu’ils aient toute la place nécessaire pour grandir, des fleurs ont même été plantées le long d’un petit chemin caché par les herbes afin que l’on évite de marcher sur les plants.

Retour au Pentagon, le petit-déjeuner est prêt, et Marcos nous a gâtés !

(Petit déjeuner préparé par Marcos, au menu, des fruits, de la viande, du miel et du jus de fruits)

La table et les chaises sur lesquelles nous déjeunons ont été fabriquées localement, à partir de 9 bois différents issus de la plantation, le résultat est magnifique.

(La table fabriquée à partir de 9 bois différents)

Après le déjeuner, on nous demande de sortir et Mario appelle un des travailleurs. Celui-ci gratte la couche d’herbe pour révéler une terre riche en lombrics et on nous explique qu’ici rien n’a jamais été planté auparavant, que la plantation Mil Cumbres est unique à vouloir commencer directement par planter des cafés de spécialité. Les autres plantations plus anciennes sont toutes passées par des cafés moins nobles avant d’y planter des cafés de spécialité. La particularité de Mil Cumbres est de vouloir dès le départ proposer un produit unique dans une région riche et fertile.

(La terre de la plantation est très riche)

Et la surprise, on nous ramène deux petits plants de caféier d’Ethiopie ! Il s’agit de deux boutures des caféiers Beloya que nous avons vu hier sur la plantation de Ratibor Hartmann. Le travailleur creuse un trou avec une facilité déconcertante car la terre semble presque molle et Mario tend une bouture à Pablo.

« Maintenant, tu vas planter ton propre caféier. »

Pablo ne se fait pas prier, et plante son caféier tranquillement, sous le feu des projecteurs.

(Et non, il n’a pas taché une seule fois son pantalon!)

(Payín et Pablo)

Puis c’est notre tour, on nous tend le caféier et nous le mettons en terre, aussi heureuses que des enfants le jour de Noël !

(Et on plante notre petit Beloya!)

Le ciel commence à se couvrir, les nuages arrivent et nous partons explorer d’autres zones de la plantation.

(C’est reparti en buggy!)

Sur le chemin, des panneaux nous indiquent la variété de café qui y pousse. D’autres eux, sont soit brisés soit tombés à terre, on nous explique en riant que les enfants indigènes s’en servent parfois comme cible pour jouer aux lance-pierres.

(Un panneau intact)

Partout autour de nous on aperçoit des rangées de caféiers parfaitement alignées. Mario nous explique qu’une fois, Ratibor (Hartmann) et lui-même sont restés assis toute une matinée, depuis le lever du soleil, à regarder les ombres des arbres pour décider jusqu’où irait la rangée de caféiers.

(Vue des caféiers)

On voit régulièrement des fougères immenses, dont l’envergure dépassait parfois les 3 mètres. Leur aspect est brillant et cireux, et elles sont très robustes ce qui en font un objet de décoration très prisé sur le marché chinois.

(Des fougères)

Nous continuons et apercevons au loin un arbre immense, il s’agit d’un ficus géant. Apparemment très connu dans la région, il est surnommé le Don Jules Verne, qui par coïncidence est le même nom que le restaurant de la Tour Eiffel du chef cuisinier Alain Ducasse. Ducasse lui-même a visité la plantation et a même précommandé une grosse quantité de Geisha de la prochaine récolte ! Autant dire que cette Tour Eiffel sauvage était très imposante.

(Pablo devant le Don Jules Verne)

(Lisa assise sur une branche tombée du Don Jules Verne)

Nous retournons en direction du Pentagon, pour nous promener entre les caféiers Geisha.

(Vue rapprochées des plants de Geisha)

On nous donne à goûter des cerises de Geisha et nous ouvrons la cerise pour suçoter les grains. Encore entourés du mucilage (la fine membrane les enveloppant), ils sont légèrement moelleux et sucrés, comme un pépin de pamplemousse mais sans acidité aucune et une saveur fruitée.

(Une cerise de café Geisha)

Nous en profitons pour prendre des photos des caféiers et du Pentagon au loin, puis nous y retournons alors que la brume s’épaissit.

(Minor apparaît dans la brume)

Minor, un jeune garçon indigène, s’approche de nous timidement et Payín lui propose à manger, il comprend très bien l’espagnol mais est un peu intimidé par notre présence.

(Eléa, Minor et Lisa)

Il se met à pleuvoir, fort.

On nous propose alors d’aller visiter la Fondation, nous décidons de ranger l’appareil le temps du trajet et le donnons à Juan Antonio, qui voyagera dans le 4×4. Lisa, Pablo et moi reprenons place dans le buggy emmitouflés dans nos imperméables, la pluie torrentielle nous trempe les pieds et les jambes jusqu’aux os. Le trajet est court, lancé à pleine vitesse le buggy patine sur la boue, les caféiers défilent et nous nous accrochons à l’armature de l’engin en riant.

Une fois tous arrivés sains et saufs (et plus ou moins trempés) à la Fondation, la pluie se calme un peu et nous pouvons visiter les installations.

Les Ngöbe-Buglé, une population indigène résidant dans cette région du Panama, sont un peuple nomade qui travaille principalement dans les plantations de café. Ils n’ont aucune loyauté envers leur employeur et vont et viennent comme ils l’entendent.

Habituellement, ils résident dans de petites huttes composées de branches au toit de paille, et vont aux toilettes dans la forêt près des cours d’eau.

(Hutte typique des indigènes, le toit est habituellement en paille)

(Les toilettes avant que la Fondation ne les persuade d’utiliser les nouvelles installations)

La Fondation Valle de Nubes, créée par la femme d’Arturo Klein, (voir ici l’interview d’Inès avec Arturo en Mai dernier), a pour but d’améliorer les conditions de vie des travailleurs indigènes. Elle leur a donc fait construire un bâtiment en dur pour qu’ils aient un peu plus de confort. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Les indigènes sont restés dubitatifs et ont mis un peu de temps à s’y faire. Ils ont refusé tout type d’aménagement pour les chambres et pour la cuisine. Le lieu semble donc un peu austère, mais l’intérieur est parfaitement sec.

(La cuisine, ils font un feu entre les deux blocs de béton et posent les récipients au-dessus)

(Une chambre)

La Fondation a également fait construire des toilettes sèches, mais ils ont refusé de les utiliser jusqu’à ce qu’on leur installe une arrivée d’eau car ils avaient l’habitude de se laver dans les cours d’eau après y être allés.

(Les sanitaires)

Les enfants sourient et rient en nous voyant, mais dès que l’on fait mine de vouloir les prendre en photo, le sérieux revient !

Nous repartons ensuite pour El Beneficio, où un travailleur brasse les rares grains de café déjà récoltés. Les lits africains servant à sécher le café seront remplis lors de la récolte, qui n’aura pas lieu avant Novembre au plus tôt.

(Du café séché avec la méthode nature)

(Du café séché avec la méthode lavé)

(Le 4×4)

Le 4×4 a eu droit à une petite douche avant d’être rendu à l’agence de location !

Des enfants s’approchent de nous une fois de plus, et nous réussissons à obtenir des images un peu plus joyeuses !

Il n’est que 14 heures, mais nous devons déjà repartir à l’hôtel pour manger rapidement, récupérer nos affaires et repartir en direction de David, le retour en avion nous attend !

(Au revoir petit Beloya!)



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2 Commentaires

  1. Wagnon dit :

    Très instructif ! Un grand merci d’avoir partagé vos impressions de votre voyage à Panama

    1. Grand merci de votre commentaire !

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