Producteur de café : tout savoir sur Carole Zbinden

Actualité café

En ayant rencontré Carole plusieurs fois, sur son terrain ou dans nos locaux à Meyrin, nous avons tenu à lui poser quelques questions avant de terminer notre belle année 2018. Nous lui avons posé 10 questions afin de connaître ses projets d’avenir et ses projets de protection de plants en raison des changements climatiques qui menacent les caféiers. Découvrons ensemble les questions et les réponses.

Publié par Arnela le 3 janvier 2019
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Penses-tu travailler dans le café jusqu’à la retraite ?

Oui, mon idée est de maintenir le domaine comme une activité familiale.

 

Combien de récolteurs de café comptes-tu dans ta plantation ?

Pendant la récolte qui s’étend pendant 4 mois de novembre à février, nous avons besoin entre 40 et 50 récolteurs en fonction du volume de production de chaque année. Nous avons également des bâtiments sur la plantation pour loger 48 personnes.

Penses-tu que ta fille reprendra le rôle ?

Eva est jeune et a eu 7 ans en octobre dernier, elle a encore beaucoup de chemin à parcourir mais ce serait magnifique de voir passer la plantation à une quatrième génération et qu’elle puisse également vivre de cette passion.

Envisages-tu des changements environnementaux dans ta plantation ?

Pas de nouveaux changements, mais les mêmes que chaque année : annuellement, nous rénovons les parcelles de café les plus anciennes qui arrivent à 25-30 ans. De plus, depuis l’an dernier, nous avons choisi le Catigua MG2 comme variété prometteuse pour rénover les plus grandes superficies.

Combien de variétés plantes-tu ?

Actuellement, nous avons une dizaine de variétés. La plus grande superficie est le Caturra suivi du Catuaï. Aussi en petite échelle, nous avons des parcelles de Villa Sarchi, Caturra Gold (notre café jaune), le Maragogype, Pacamara, Geisha et Kenia.

Quand plantes-tu exactement ton café ?

Entre le mois de mai et de juin. Nous choisissons bien le début de la saison des pluies pour que les racines des plantes arrivent à bien se développer avant que la saison sèche ou l’été indien de décembre à avril ne parvienne.

Comment sais-tu le début de la récolte ?

Je le sais en fonction des premières pluies après la saison sèche. C’est au mois d’avril que les premières pluies se manifestent. Avec la pluie, les caféiers fleurissent et cette magnifique fleur se transforme en fruit de café qui se développera entre 8 à 9 mois pour mûrir. Les fruits passeront de la couleur verte à rouge intense, jaune intense, selon la variété plantée.

On entend parler du climat qui attaque le café. D’ici 30 à 40 années, le réchauffement climatique aura des impacts considérables sur le café. Cela te fait-il peur ? Penses-tu que ta plantation sera aussi atteinte ? Crois-tu te devoir déplacer, ou de devoir produire 50 % de plus pour répondre à la demande de la clientèle ?

Effectivement, cela fait très peur car c’est une réalité. Le changement climatique nous affecte déjà depuis 2012 avec moins de pluies annuelles, avec l’augmentation de température, ce qui fait des nouvelles maladies qui apparaissent comme la rouille (un champignon sur les feuilles de café). Le plus grave, avec les évènements planétaires plus fréquents comme El Nino ou ENOS (changement de température des océans), l’impact se sent non seulement sur la qualité du café que nous arrivons à maîtriser avec l’agriculture de précision, mais par le volume de production : cela signifie que nous avons moins de production annuelle par hectare, donc moins de café produit ce qui a impact financier très négatif dans le domaine du café. Depuis 3 années, le moulin du domaine fait partie du projet Nama Café pour prendre des actions contre le changement climatique et la réduction d’émissions de carbone. Même si le Costa Rica est un pays minuscule et produit du café de façon moins polluante face à d’autres enseignes qui manquent de régulations, il faut aider le monde à comprendre ce qui se passe sur la planète. Nos plants à moyen terme sont le choix d’une variété de café plus résistantes aux maladies comme le Paris que nous avons fait pour le Catigua : nous arboriser d’avantages pour baisser la température dans la plantation et ainsi protéger les plantes et les conditions du sol. Je projette de me diversifier dans l’agrotourisme pour augmenter les recettes du domaine.

Connais-tu des intempéries dans ta plantation ?

Effectivement, la plantation de café est très sensible aux grandes averses qui lavent le sol et enlèvent les nutriments, à la chaleur qui brûle les plantes, au vent qui défeuille les plantes, etc. Par contre, ici sur les tropiques, le risque de gelée est nul.

Visites-tu d’autres plantations ?

Oui, cela fait partie de mon quotidien car on ne cesse d’apprendre sur le café. Chaque fois que j’ai l’opportunité, je visite une plantation. Au Costa Rica, nous avons 8 régions de café toutes avec ces propres particularités et il existe dans le pays plus de 45’000 producteurs de café. Mon domaine de 17,5 hectares et est en hauteur à plus de 1’400 m d’altitude dans la Vallée Centrale, au Costa Rica.

 

Grand Merci pour ton interview Carole, et merci pour les magnifiques photos de ta plantation !



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