Voyage vers le Brésil vers « l’interior »

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Nos producteurs

Le bruit des moteurs de l’avion finit de rugir, il s’est posé comme une plume sur le tarmac, après des heures de sourds vrombissements.

Publié par Arnela le 6 octobre 2016
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Des milliers de kilomètres avalés au-dessus de l’Océan Atlantique, et… à peine arrivée à Sao Paulo, nous entrons directement dans le vif du sujet : mon voyage débute avec une dégustation à la brésilienne, soit un cupping de plusieurs cafés des régions environnantes à FAF studio.

Dégustation à la brésilienne

Portrait de la famille Croce

FAF studio est le laboratoire de tests de cafés de la famille Croce, une vieille famille propriétaire de la Fazenda Ambiental Fortaleza (FAF), une plantation de café brésilienne traditionnelle, ou presque…

Géographiquement la plantation Fazenda Ambiental Fortaleza est située à 3 heures de São Paulo dans la ville de Mococa.

Elle est la propriété de la même famille depuis 1850. Historiquement la ferme a toujours appartenu à la famille de Silvia Croce.

Silvia Baretto et son mari Marcos Croce, sont des descendants directs des créateurs. Dans leur plantation, et en collaboration avec les fermes voisines, ils produisent du café Bob-o-Link.

Mais avant d’en arriver à ce pur produit brésilien, la famille Croce a vécu quelques années aux Etats-Unis, dans la ville de Chicago.

Quand le père de Silvia est décédé, elle fut la seule descendante décidée à vouloir reprendre la ferme. Une seule condition fut posée par Silvia : produire du café Bio.

 

Un projet durable

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Cette aventure a démarré sur de bonnes bases ; bien plus qu’un café, c’est un vrai projet environnemental et social que la famille Croce a construit.

Le succès n’est pas venu par hasard, il a fallu beaucoup d’énergie. Il s’est concrétisé grâce à la force du noyau familial. Cela dure depuis maintenant 13 ans.

 

Silvia, Marcos et leur fils Filipe, travaillent main dans la main. Au sein de la plantation, chacun a un rôle bien défini.

Marcos, trader de carrière, s’occupe des finances de la ferme et du projet Bob O Link tandis que Filipe est responsable de la qualité café au sein de la ferme.

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Diversité de savoirs

Les activités de la ferme sont conduites dans le respect d’un système de polyculture durable, avec un mode d’agriculture biologique propre à chaque culture et cycle de production.

On y trouve non seulement des fruits et des légumes, mais également du miel, du bois et des produits laitiers.

A l’origine, ce n’était un projet que d’une seule ferme. Pourtant aujourd’hui grâce au succès de ses initiateurs, le projet réunit 50 caféiculteurs voisins, tous impliqués dans la production du café Bob-o-Link.

 

Un oiseau presque disparu

Le projet Bob O Link porte un nom original qui sonne peu à nos oreilles, mais pourtant combien original.

En réalité, le bob O Link est un oiseau migrateur qui descend de l’Amérique du nord jusqu’au Brésil puis jusqu’au nord de l’Argentine.

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Durant son parcours migratoire, cet oiseau a besoin de marquer des arrêts pour se reposer et se nourrir.

Or, en raison de la déforestation provoquée par la mise en place de monocultures, puis encore plus regrettable, par manque d’intérêt pour la nature de la part de la majorité des producteurs, cet oiseau a progressivement été privé de ses endroits privilégiés pour s’arrêter.

Au final il avait presque disparu du Brésil. Cependant grâce au respect de l’environnement de la part de producteurs tels que la famille Croce, des actions locales ont permis de faire attention à cet animal et des espaces de refuge ont pu être aménagés.

 

Un projet aux contraintes particulières

Dans les fondamentaux du projet de la famille Croce, il y a avant tout l’approche globale que doit avoir l’agriculteur, ceci afin d’être en mesure de tenir compte de ce qui entoure la mise en place d’une  production efficiente et respectueuse de l’environnement.

  • Pour faire partie de ce projet, les fermiers doivent ainsi respecter certaines conditions :
  • Planter des arbres d’ombrage pour les caféiers,
  • Entourer la ferme de zones plantées d’arbres au branchage approprié afin de créer des protections et de la nourriture pour les espèces animales,
  • Créer des canaux d’irrigation pour préserver l’eau,
  • Supprimer l’utilisation de fertilisants et pesticides chimiques,
  • Installer des lits africain et machines de triage dans les fermes,
  • Opérer une récolte sélective et manuelle,
  • Ne pas se limiter à la production de café, mais aussi s’intéresser à la dégustation et l’analyse sensorielle des cafés,
  • Avoir des productions alternatives
  • Et enfin installer des ruchers qui vont favoriser la polonisation dans la plantation.

Au-delà de ces contraintes, la famille Croce a pour credo de travailler exclusivement de manière durable. En clair cela signifie que toute leur démarche s’inscrit aussi sur le plan du respect de l’environnement économique et  social.

 

Un séjour enrichissant

C’est donc munis de toutes ces informations préalables que nous poursuivons notre séjour. Les deux jours après notre atterrissage, nous visitons cette plantation de l’Etat de Sao Paulo dans la région de Mococa.

Globalement cette plantation est organisée en deux parties distinctes

  • Zone Bio active : le principe consiste en plantation d’arbres d’ombrage, un arrosage soigneux, une taille précises des caféiers auxquels on laisse les feuilles, et dont les branches coupées entre les caféiers sont déposées au sol et deviennent du compost
  • Zone Bio passive : cet autre principe est constitué d’une plantation d’arbres dans une forêt, et quasi pas de soins particuliers, c’est-à-dire pas d’arrosage et pas de taille des caféiers. L’une des seules interventions de l’agriculteur est la taille des lianes qui font trop d’ombre et sont envahissantes. Une fois coupées, elles sont laissées sur le sol et viennent enrichir l’humus de la plantation  en formant une couche de compostage naturel (ci-contre Marcos dans plantation Bio passive).

La méthode Bio passive, est très économe en termes d’investissements pour le producteur.

Toutefois, elle implique de disposer d’une vaste surface de forêt. Si le sol a été défriché, pas moins de trente années seront nécessaires pour recréer une forêt à partir de nouveaux arbres, ce qui est peu raisonnable pour quelqu’un qui démarre un projet.

 

Visite d’une autre ferme

La suite du voyage, toujours dans l’Etat de Sao Paulo, est agrémentée d’une visite marquée de jaune.

« Pourquoi de jaune ? », me direz-vous.

Et bien le mercredi nous visitons la ferme d’Emilio Lopez, un producteur Salvadorien qui a investi au Brésil. En 2015, il a racheté une ferme dans la région de Mogiana.

La plantation est située à une altitude qui varie entre 850 et 970m et les variétés botaniques des caféiers sont uniques : il n’y a que des variétés amarillos, c’est-à-dire jaunes.

Nous travaillons déjà avec les cafés de fermes d’Emilio Lopez au Salvador bientôt peut-être avec ceux de Santana.

 

 

Une dernière étape avant la fin du voyage

Vendredi nous visitons l’entreprise Expocaccer,

Il s’agit d’une entreprise d’exportation spécialisée dans les cafés de la région du Cerrado ; cette région fournit en larges volumes les plus grands noms du café.

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Ici tout est à une échelle industrielle, c’est-à-dire dévolu à une production de masse où les processus sont automatisés et suivi à la seconde près par moult artifices ingénieux

En bref, le café des producteurs arrive dans l’entrepôt et, une fois les sacs en jute retirés, sont déversés dans de grands réceptacles. Ils passent et repassent dans une machine de criblage où y est effectuée la mesure de la taille et de la couleur du grain.

Ensuite, le café est remis en sac. Ils ont deux entrepôt d’une capacité de 500’000 sacs de café chacun.

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Au menu du jour, nous ne changeons pas les habitudes, cupping de café !

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Nous avons également pu visiter une des fermes avec laquelle Expocaccer travaille. Nous nous sommes dont enfoncés dans la région du Cerrado dans l’état du Minas Gerais.

Pour ceux et celle qui ne connaissant pas cet Etat du Brésil, je rappellerai simplement que le Minas Gerais (Minas) est un État aussi vaste que la France.

ferme-sao-pauloLa nature y est spectaculaire, notamment avec le Serra do Espinhaço, crête rocheuse qui traverse l’État, qui lui a valu le statut de réserve de biosphère de l’Unesco.

Les parcs du Minas fournissent un habitat essentiel aux espèces menacées tel que le muriqui (singe-araignée laineux). Les habitants  sont nommés les Mineiros

Des villes coloniales comme Ouro Prêto, Mariana et Diamantina – surgies au XVIIIe siècle le long de la route de l’or reliant le Minas à la côte – ont réussi à préserver un patrimoine culturel et architectural important pour le Brésil.

Pour ce qui concerne notre visite, il s’agissait de la Ferme Sao Paulo  qui appartient à la famille Montanari.

 

 

Pour notre dernier jour, nous effectuons le voyage retour vers Sao Paulo et consacrons les dernières heures à visiter la ville, notamment un coffee shop répondant au nom de coffee lab.

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Puis c’est le retour vers l’Europe, la tête remplie de souvenirs et d’idées fraîches. Autant de promesses pour nos fidèles clients.

…fin du voyage



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