Comment et où pousse le café ? Tout savoir
Actualité du café
Comment et où pousse le café ? La question semble simple, et pourtant la réponse évolue sous nos yeux. Le caféier reste une plante des tropiques, mais sa carte du monde se redessine : nouvelles altitudes, nouveaux pays, et même nouvelles espèces. Chez Trottet, torréfacteur artisanal à Genève depuis 1947, nous suivons ces changements de près, car ils façonnent déjà les cafés que vous boirez demain.
Comment et où pousse le café ? Une recette climatique très précise
Le café pousse dans ce que l’on appelle la « ceinture du café », ou Coffee Belt. C’est une bande qui fait le tour de la planète entre le tropique du Cancer et le tropique du Capricorne. Plus de 70 pays y cultivent le caféier, du Brésil à l’Éthiopie, en passant par le Vietnam, la Colombie ou l’Indonésie.
La latitude ne suffit pourtant pas. Le caféier est une plante exigeante, qui a besoin de plusieurs conditions réunies :
Une température stable : entre 18 et 24 °C pour l’Arabica, un peu plus chaud pour le Robusta. Le gel lui est fatal, et les fortes chaleurs l’épuisent.
De l’altitude : l’Arabica s’épanouit en général entre 1 000 et 2 000 mètres. Plus on monte, plus la cerise mûrit lentement, et plus ses arômes gagnent en complexité.
Une pluie bien répartie : environ 1 500 à 2 000 mm par an, avec une saison sèche qui déclenche la floraison.
Un sol riche et drainant : il est souvent volcanique, comme au Guatemala, au Costa Rica ou sur les pentes du Kilimandjaro.
De l’ombre : à l’état sauvage, le caféier pousse sous le couvert forestier. L’agroforesterie, qui associe caféiers, bananiers et grands arbres, protège les plants, préserve la biodiversité et améliore la qualité en tasse.
C’est cet équilibre entre climat, sol et altitude que l’on appelle le terroir. Il explique pourquoi deux cafés d’un même pays, cultivés à quelques kilomètres l’un de l’autre, peuvent offrir des tasses si différentes.
Et le café de demain ? Les nouvelles frontières
C’est ici que l’histoire devient passionnante : la ceinture du café bouge. Avec le réchauffement climatique, plusieurs études estiment qu’une grande partie des terres aujourd’hui favorables à la culture pourrait devenir moins adaptée d’ici 2050. Face à ce défi, le café part à la conquête de nouveaux territoires.
Plus haut. En Colombie, en Éthiopie ou en Amérique centrale, les producteurs plantent de plus en plus haut sur les montagnes pour retrouver la fraîcheur dont le caféier a besoin.
Ailleurs. La province du Yunnan, en Chine, s’est imposée comme une origine en plein essor. Le Népal développe de petites productions d’altitude, et en Californie, des agriculteurs cultivent du café entre leurs avocatiers. L’Europe aussi a son café : la vallée d’Agaete, sur l’île de Grande Canarie, en produit depuis le XIXᵉ siècle, et des essais prometteurs ont vu le jour en Sicile.
Autrement. L’Arabica et le Robusta dominent le marché, mais il existe plus d’une centaine d’espèces de caféiers. Redécouvert en Sierra Leone, le Coffea stenophylla supporte des températures nettement plus élevées que l’Arabica, avec un profil aromatique étonnamment proche. L’Excelsa et le Liberica suscitent eux aussi un intérêt croissant pour leur robustesse.
Ces pistes ne remplaceront pas du jour au lendemain les grandes origines que nous aimons. Elles montrent cependant que le café de demain sera le fruit d’une adaptation permanente, portée par des producteurs inventifs et engagés.
Alors, comment et où pousse le café ? Aujourd’hui, il pousse sous les tropiques, en altitude et à l’ombre. Demain, il poussera peut-être un peu plus près de chez nous. Chez Trottet, nous continuons de sélectionner des cafés issus de fermes partenaires qui respectent ces terroirs d’exception, pour que chaque tasse raconte l’histoire du lieu où elle a poussé.