JOUR 4 AU COSTA RICA (partie 1 ) – EXPLORATIONS CHEZ ICAFE

Nos producteurs

7h. 3ème réveil au Costa Rica. Aujourd’hui, il y a un grand soleil et pas mal de vent. Ça s’annonce être une belle journée !

Après avoir pris notre petit déjeuner à l’hôtel, nous retrouvons Carole. Ce matin, elle nous emmène chez Icafé (Instituto de café de Costa Rica), l’institut du café au Costa Rica. Cet institut contrôle l’origine des cafés dits « Costa Rica » mais dispose également de nombreuses variétés botaniques à des fins de recherches biologiques et un laboratoire de microbiologie.

Publié par Ines le 20 avril 2018
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9h30. Arrivée chez ICAFE. L’institut se situe sous le volcan Barva. Par conséquent, ses sols sont très fertiles car volcaniques. Ils permettent un bon système de drainage du fait que l’eau ne stagne pas et passe directement aux racines des plantes.

Il dispose de 7 hectares de plantations de café, où des essais botaniques sont réalisés. Le but ? Faire pousser des caféiers et voir leur évolution face au climat,  au terroir, à l’environnement et aux maladies afin de trouver la variété la plus résistante.

5 variétés commerciales, dont 3 sensibles à la rouille (la variété Obata, ou Catigua par exemple), sont plantées dans la Finca d’ICAFE. Le reste des variétés, 80 en tout, sont expérimentales.

L’institut dispose aussi de 3 moulins pour dépulper les cerises de café. Certains petits producteurs qui ne disposent pas de beneficio personnel peuvent se rendre chez ICAFE afin de dépulper leurs cerises.

Nous rencontrons Ricardo Rodriguez, chef des ingénieurs de la vallée centrale, qui sera notre guide du jour. Il nous apprend que ICAFE propose ses services gratuitement à tous les producteurs de café local afin de leur attribuer un ingénieur. L’ingénieur va visiter gratuitement la Finca et dispenser ses conseils.

Ricardo a donc aidé Carole pour l’étude du sol de sa plantation.

L’avantage de travailler en collaboration avec ICAFE ? Le protocole agricole est strictement contrôlé de A à Z et les graines de café sont 100% certifiées (exemple 100% Caturra, Catuai, Obata, Catigua, Costa Rica 95…). De plus, les variétés de caféier d’ICAFE sont pures et adéquates pour être plantées sur le sol du Costa Rica.

Le saviez-vous ? Légalement au Costa Rica, on ne peut planter que du café Arabica, puisque le Robusta demande beaucoup trop d’ombrages pour ce pays.

 

10h. En plein dans les plantations. Ricardo nous présente premièrement la variété « Caturai Rouge ».

On apprend que le système de taille des caféiers se fait tous les 4 ans, avec une ligne taillée par an. On peut tailler toutes les lignes d’un coup, mais ce serait trop agressif et non rentable pour une récolte.

Ensuite, pour les variétés commerciales, on arrache l’arbuste au bout des 20 ans. Et pour les variétés expérimentales, on peut garder la plante jusque 30 ans.

Vous devez sûrement vous demander « mais pourquoi taille-t-on un caféier ? » Eh bien, après la récolte, les cerises de café ne repousseront plus jamais à l’endroit où elles ont été arrachées. La branche de l’arbuste se développe et les cerises se forment sur cette nouvelle partie de la branche. Alors forcement, au bout de 4 ans, les branches sont tellement longues et denses qu’elles se mélangent, et n’ont plus de place pour se développer. Pour que la plante se concentre sur le fruit, on enlève donc les feuilles.

Il existe un autre système de taille : on coupe le tronc à 1m60 et on coupe les branches sur les côtés. En 3 mois, les feuilles vont déjà réapparaître et la production de l’année prochaine sera environ de 100 fanegas (l’unité de mesure du café) par hectare, soit presque le double.

Autre variété présentée, le « Catigua MG2 », particulièrement résistante à la « Roya », la maladie de la rouille. Cette variété est très productive et apporte beaucoup plus de fruits qu’un caféier standard. Elle s’adapte très bien aux conditions climatiques du Costa Rica, et vient du Brésil. Pour info, ICAFE a dû valider les études que le Brésil avait réalisés, et cela a pris 8 ans à l’Institut du Café du Costa Rica pour valider les études et pouvoir commercialiser cette variété. Ricardo nous précise que lorsque l’on fait un cupping, ce café sort spectaculairement du lot et la différence se retrouve vraiment en tasse.

Enfin, contrairement aux autres variétés, le MG2 se plante à 1 tronc par trou dans le sol contre 2 troncs par trous pour les autres variétés. On laisse une distance de 2 mètres de largeur entre chaque ligne et 1 mètre de largeur entre deux caféiers afin d’assurer une bonne répartition de la lumière.

Au cours de notre visite, nous croisons un champs entier de caféiers taillés. Ricardo nous explique que c’est ici que se déroulent les essais pour faire une mécanisation de la récolte. Différents essais avec différentes machines vos être réalisés sur cette parcelle.

Nous croisons également une parcelle avec des ombrages artificiels. La serre va en fair servir d’ombrage artificiel aux arbustes, afin que les ingénieurs puissent étudier la différence de qualité entre des caféiers sous ombrages naturels et des caféiers sous ombrages artificiels.

D’autre part, ICAFE a fait un large choix d’arbres pour ses ombrages naturels afin de conserver une diversité pour les animaux et les oiseaux, mais également pour le confort visuel. En effet, ces arbres aux fleurs jaunes, roses, violettes, ces poivriers, ces eucalyptus et ces arbres de liège sont de toute beauté !

Troisième variété que nous présente Ricardo : le « Villa Sarchi » une variété très sensible à la rouille, ce champignon qui grignote les feuilles de caféiers, le Villa Sarchi est fait pour pousser à une altitude de 1200 mètres.

Ricardo nous apprend que chez ICAFE, sont créées des variétés dites hybrides.

Ils croisent par exemple une variété « Rhume de sudan » + une variété « Sarchimor ». Ce croisement se fait manuellemnt. On enlève le pistil de la fleur et on met le pollen de l’autre variété dessus. C’est ainsi que naît le fruit croisé, appelé  « première graine de croisement ». On sèche ensuite les graines, et on les fait germer dans  la serre avant de les mettre en pots, puis de les planter sur la parcelle. La première plante issue du croisement s’appelle F1 (= première ligne filiale du croisement). Les ingénieurs sélectionnent par la suite les plans les plus robustes pour créer la ligne F2.

Une autre méthode de pousse est possible : la reproduction asexuée. Cette méthode consiste à prendre une feuille, prendre les cellules à l’intérieur de la feuille et les clonner. Résultat : 1000 plantes avec les caractéristiques souhaitées à partir de quelque cellules d’une seule feuille. Impressionnant, non ?

Pour finir notre visite des plantations, Ricardo nous montre la parcelle où les caféiers ne poussent pas en terre mais dans des pots. Pourquoi ? Simplement pour observer la pousse des racines et leur nombre.

11h. Avant de rejoindre les laboratoires de microbiochoimie, nous nous arrêtons dire bonjour à Julio. Il est le barista d’ICAFE et  va dans toutes les foires mondiales pour représenter le café du Costa Rica (en Corée, Australie, Europe…)

Cette année, grande nouvelle ! Le café Caturra de Carole est présenté mondialement sur le stand Café du Costa Rica. Quelle belle réussite pour notre productrice !

11h10. Ça y est, nous poussons la porte du Laboratoire d’Etude du sol ! On y trouve des centaines de graines en germination. Ces graines ont besoin de 45 jours pour germer. Ce sera seulement au moment où l’on verra les feuilles que l’on saura que la graine possède des racines, et donc que la plante pourra se nourrir toute seule. La plante, elle, a besoin de pousser durant 10 mois dans des pots, avant d’être prête à la mise en terre.

Nous nous aventurons désormais dans le Laboratoire Chimique. C’est dans ce secteur qu’est analysée l’eau résiduelle des les moulins, les feuilles, le taux de caféine, les acides du café, et la qualité du café. Grâce à toutes leurs technologies et leurs connaissances, les biologistes sont capable de déterminer génétiquement si le café est bien originaire du Costa Rica. Incroyable !

Nous nous dirigeons maintenant vers le Laboratoire d’Agro-biologie. Dans ce laboratoire, les biologistes régulent les conditions atmosphériques pour pouvoir faire des études correctes des maladies sur les caféiers. Il y a donc plusieurs chambres avec différentes températures et différentes luminosités.  Le champignon responsable de la rouille et son comportement sur les différentes variétés de café est aussi étudié.

L’avantage de tels laboratoires n’est pas négligeable pour les producteurs de café. Par exemple, si Carole a une plante avec une maladie et qu’elle ne sait pas de quoi il s’agit, elle peut emmener cette plante suspecte au laboratoire de microbiologie d’ICAFE pour la faire analyser.

Les biologistes font aussi de la reproduction de champignons, car les bons champignons contrent les mauvais. L’utilisation de ces bons champignons est une alternative biologique. ICAFE a alors décidé de donner ces reproductions de bons champignons gratuitement aux producteurs qui souhaitent utiliser cette alternative. Une très belle initiative !

De plus, analyser le sol de ses plantation de café, chaque année, est vraiment très important. Carole apporte donc un échantillon de sa terre et le laboratoire va lui dire le taux de potassium, de magnesium, d’éléments minéraux contenus dans la terre. Ensuite, le laboratoire va lui fournir une formule pour rééquilibrer son sol afin que les plantes de café absorbent tous les nutriments dont elles ont besoin.

 

A DEMAIN !



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